Terrorisme islamique russie

terrorisme islamique russie

Un convoi des Forces armées maliennes escorté par des mercenaires russes a été pris à partie par des insurgés islamistes dans le centre du. "Il faut un rassemblement de tous ceux qui peuvent réellement lutter contre cette armée terroriste dans le cadre d'une grande et unique coalition". Mais en quoi consiste concrètement cette «guerre contre le terrorisme»? de partenaires malgré leur passé (ex: Russie ou Chine), tandis que les pays.

Terrorisme islamique russie - was

La France a commencé à retirer ses troupes du nord du Mali dans le cadre de la réorganisation de ses forces anti-insurrectionnelles, déployées dans la région du Sahel au titre de l'opération Barkhane. Les bases de l'armée française à Kidal, à Tessalit et à Tombouctou seront fermées d'ici la fin de l'année et remises à l'armée malienne, mais le soutien aérien sera maintenu. Le contingent actuel sera toutefois réduit, passant de 5,100 soldats français à environ 3,000. Adejuwon Soyinka a demandé à Mady Ibrahim Kanté d'expliquer l'importance des ces changements.

Qu'est-ce qui a changé depuis la première intervention de la France en 2013 ?

La France est intervenue au Mali en 2013, « suite à la demande » du gouvernement de transition du président Dioncounda Traoré de l’aider à combattre le terrorisme. Le président français alors en exercice, François Hollande, avait déclaré que l'objectif de l'intervention était de « lutter contre le terrorisme ».

L'intention déclarée était de déployer des troupes françaises au Mali aux côtés de l'armée malienne pour empêcher les forces islamistes d'aller vers le sud. On pourrait, cependant, faire valoir que l'objectif stratégique de l'intervention était d’assurer la protection de la sécurité et des intérêts économiques français dans la région du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest.

Au départ, l’intérieur du Mali était le centre d’intérêt, mais la réalité a montré que le terrorisme est un phénomène transfrontalier. En fait, le but de l’intervention de la France était de parvenir à inverser l'effet domino qui lui permettrait de faire face aux groupes terroristes de la région et de s'imposer à nouveau au Sahel.

Mais il y a peu de résultats manifestes ou effectifs sur le terrain après huit ans de guerre au Mali. En outre, l'opinion publique a commencé à voir les choses autrement au fur et à mesure que les Maliens et l'autorité de transition du pays ont vu la situation sécuritaire du pays se dégrader de jour en jour.

Alors que l'intervention française était censée aider le Mali dans sa lutte contre le terrorisme, la crise dans la région s'est transformée en conflit ethnique interne. Dans la région de Mopti, des conflits opposent les Peuls aux Dogons et les Bambaras aux Peuls. À Tombouctou et à Gao, il y a des conflits entre les Touaregs et les Arabes, d'une part, et entre les Touaregs et les Songhaïs, d'autre part.

Selon un récent rapport de la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les forces françaises sont confrontées à de nombreux défis en matière de protection des civils. La France est, par ailleurs, accusée par de nombreux Maliens, de protéger et de soutenir des groupes armés séparatistes à Kidal, une des régions désertiques du nord.

Il est donc clair qu’elle a perdu le soutien du gouvernement malien, qui a accusé Paris de former les terroristes responsables de l'instigation et de l'exacerbation de l'ethnicisme dans le pays.

En outre, devant le mécontentement exprimé par la population face à la présence des forces françaises au Mali, la France n'a eu d'autre choix que de réduire ses effectifs militaires.

La France laisse-t-elle le Mali en meilleur état ?

Il faut d’abord savoir que le Mali a des liens historiques forts avec la France puisqu'il s'agit d'une ancienne colonie française. Dans l’ensemble de la région du Sahel, la France reste la première puissance occidentale. Mais la plupart des Maliens ont commencé à douter de la sincérité de cette dernière, et cette méfiance n'a eu de cesse de gagner du terrain.

L'autre fait nouveau est l'intérêt grandissant de la Russie pour la région. Si toutes les troupes françaises devaient s’en aller demain, les forces russes – sous l'égide du groupe Wagner – seraient prêtes à combler le vide, la Russie ayant la capacité de le faire.

La Russie en a la capacité et a démontré récemment en République centrafricaine sa capacité de faire face à l'une des plus graves menaces de ce pays. De plus, l'opinion publique malienne est favorable à l'arrivée des Russes.

Quel avenir pour le Mali ?

Abandonnée par ses anciens alliés, l'armée malienne est désormais sur le terrain sans drones militaires français ni soutien logistique américain.

À cela s'ajoute la situation politique précaire du pays, avec un changement de gouvernement à la suite du coup d'État en fin mai. Un mois plus tard, le 20 juillet, le nouveau président du gouvernement de transition, le colonel Assimi Goïta, était la cible d'une tentative d'assassinat à la Grande Mosquée de Bamako.

Deux scénarios sont alors possibles :

Le premier serait que le Mali signe un nouvel accord de coopération avec puissances mondiales, comme par exemple la Russie et son groupe Wagner. Aux yeux de certains Maliens et du gouvernement, ce sont les mieux placés pour gérer la situation. Quant au second scénario, il consistera à entreprendre des négociations avec les djihadistes, une démarche purement et simplement rejetée par la France.

Je pense, toutefois, que le gouvernement malien privilégiera les négociations avec les deux terroristes maliens Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, avec lesquels ils pourraient alors mener une bataille commune contre l'État islamique et les groupes terroristes non maliens dans le pays.

Mais, la France n'a pas quitté la région et par extension le Mali. Elle maintiendra sa présence par le biais de l'Alliance pour le Sahel, qui a été lancée en 2017 par la France, l'Allemagne et l'Union européenne. Elle travaille en étroite collaboration avec le G5 Sahel mis en place par le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger dans le cadre d'actions conjointes pour lutter contre le crime organisé et le terrorisme.

La stabilité n'est cependant pas pour demain. Un récent rapport sur la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) fait état de sérieux défis à relever pour ce pays et indique :

Dans une situation de plus en plus difficile sur le plan de la sécurité, des moyens aériens additionnels sont de toute urgence nécessaires pour permettre à la Mission de continuer à assurer la bonne mise en œuvre de son mandat.

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Un convoi des Forces armées maliennes escorté par des mercenaires russes a été pris à partie par des insurgés islamistes dans le centre du pays.

Les signaux de la présence de Wagner au Mali se multiplient. Lundi, des hommes de cette société de sécurité privée russe auraient connu un premier accrochage sérieux avec des insurgés islamistes. Selon France 24, un convoi des Forces armées maliennes (FAMa), accompagné par des mercenaires, a été pris à partie entre Bandiagara et Bankass, deux villes situées au sud de Mopti, dans le centre du pays.

L’un des véhicules blindés aurait sauté sur un engin explosif improvisé (IED) avant qu’un violent échange de coups de feu éclate ; une stratégie d’embuscade classique des djihadistes. Le bilan est incertain. Un membre de Wagner aurait été blessé et transporté à l’hôpital de Sévaré. La katiba Macina est active dans cette région. Dirigée par Amadoun Koufa, un prêcheur peul, elle fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à al-Qaida. Des témoins assurent avoir vu ces derniers jours des unités des FAMa accompagnées d’hommes blancs en uniforme se déployer depuis Bamako vers…

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VERSAILLES (Reuters) - François Hollande a annoncé lundi qu'il rencontrerait Barack Obama et Vladimir Poutine dans les prochains jours pour construire une grande coalition visant à détruire l'Etat islamique, après les attentats meurtriers de Paris. Le président français a ajouté, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, qu'il avait demandé au Conseil de sécurité de l'Onu d'adopter une résolution marquant la volonté commune de lutter contre le terrorisme. "Il faut un rassemblement de tous ceux qui peuvent réellement lutter contre cette armée terroriste dans le cadre d’une grande et unique coalition", a-t-il dit. "La France intensifiera ses opérations en Syrie", a déclaré François Hollande, après les attaques qui ont fait au moins 129 morts vendredi à Paris et en région parisienne et de nouvelles frappes françaises contre Daech dimanche soir en Syrie. "Nous poursuivrons ces frappes au cours des semaines à venir", a-t-il précisé, en soulignant que le porte-avions Charles-de-Gaulle appareillerait jeudi pour le Golfe. "Il n'y aura aucun répit et aucune trêve", a promis François Hollande. "Nous devons être impitoyables", a-t-il ajouté, en précisant qu'"il ne s'agit pas de contenir mais de détruire cette organisation". "Nous sommes dans une guerre contre le terrorisme djihadiste qui menace le monde entier", a poursuivi le chef de l'Etat. Il a par ailleurs annoncé qu'il avait décidé d'invoquer la clause de solidarité de l'Union européenne en cas d'attaque contre un de ses membres. (Jean-Baptiste Vey, avec Elizabeth Pineau à Paris et Emile Picy à Versailles, édité par Yves Clarisse)

Afrique – La Russie et Daech : des objectifs convergents ?

La lutte contre les « croisés », contre les démocraties libérales et le modèle de vie occidental des élites politiques est l’objectif commun et affiché par tous les mouvements djihadistes opérant en Afrique subsaharienne, qu’ils relèvent d’Al-Qaïda ou de Daech, au nom d’un retour revendiqué à l’islam supposé des origines, le salafisme, dans son interprétation armée et totalitaire. Bien que la religion musulmane de rite malékite, non ancestrale mais d’importation précoloniale au sud du Sahara, ayant souvent développé localement des confréries soufies, soit confrontée bien plus qu’attirée par le salafisme, le message politique des djihadistes, ainsi que leur présence active et croissante depuis les années 2000 dans des zones délaissées par les États africains ne sont pas sans effets. Les populations ne sont pas insensibles à la critique de régimes réputés pro-occidentaux mais corrompus ou clientélistes et qui ont, du fait de leur pauvreté et de leur mauvaise gouvernance, largement négligé les besoins de base des populations rurales : la sécurité, la justice, la santé, l’éducation et le développement.

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Déstabiliser la présence occidentale

Les pays occidentaux qui tiennent véritablement à bout de bras les pays sahéliens les plus démunis, mais sans pouvoir apporter de solutions visibles à l’insécurité comme au sous-développement y perdent beaucoup de crédibilité, même si les racines du mal viennent essentiellement des dysfonctionnements étatiques africains. Les anciennes puissances coloniales, en particulier la France, dont la visibilité est renforcée au Sahel par son intervention armée depuis 2013 (Serval puis Barkhane), servent alors de bouc émissaire idéal à tous ceux qui ne sont pas portés à l’autocritique.

La Russie, qui n’apporte quant à elle aucune aide au développement, n’a pas manqué d’exploiter cette situation de vulnérabilité occidentale.

On sait que la tension entre la Russie et les pays occidentaux n’a cessé d’augmenter à partir de 1999 pour des raisons extérieures à l’Afrique et qui ont souvent été analysées (intervention de l’Otan de 1999 dans la crise yougoslave et surtout au Kosovo en contournant le très probable veto russe au CSNU, élargissement de l’Otan en Europe centrale à partir de 1999, dénonciation américaine du traité antimissiles ABM, boucliers antimissiles en Europe, soutien russe aux séparatistes du Donbass en Ukraine, annexion de la Crimée en 2014, assassinats d’opposants russes, etc.).

Depuis les sanctions occidentales contre la Russie en 2014, la confrontation avec l’Occident s’impose désormais comme un élément structurant de la politique étrangère de Vladimir Poutine. De ce point de vue, l’Afrique subsaharienne, francophone notamment, est un terrain privilégié d’affrontement avec une présence résiduelle de la France déjà contestée par des activistes qui ne demandent qu’à être soutenus ou relayés, même si cela va également dans le sens des djihadistes qui assaillent par ailleurs les régimes locaux.

En outre, la Russie a développé une idéologie anti-occidentale qui converge localement de ce fait avec celle des djihadistes. La Russie post-soviétique, cherchant à combler le vide de l’idéologie communiste, a mis en avant un « conservatisme » axé sur les valeurs morales, la religion traditionnelle, les racines culturelles, le souverainisme, la famille, en réponse inverse au libéralisme et à l’individualisme occidental dénoncés comme décadents et géniteurs de tous les vices. Il s’y ajoute la conviction, ancrée dans l’expérience malheureuse de la Russie des mandats de Boris Elstine, que la démocratie libérale ne serait ni juste ni égalitaire et n’assurerait pas l’ordre public.

Dès lors, la Russie, tout comme les djihadistes plus localement, cherche à exploiter contre les dirigeants et leurs appuis occidentaux les failles nombreuses et les conflits internes des pays africains. Comme l’a dit l’essayiste russe Viatcheslav Morozov « : La Russie n’a pas la capacité de transformer le système international dominé par l’Occident. La déstabilisation de l’intérieur est plus abordable et répond à la fois à des préoccupations sécuritaires et à la volonté d’asseoir son statut. »

Les médias russes internationaux, comme RT et Spoutnik, mais surtout l’Internet Research Agency (fondé par l’oligarque Evgueni Prigojine, réputé proche de Poutine), inondent les réseaux sociaux de fake news et de vidéos fabriquées de toutes pièces tendant à démontrer aux Africains, avec une efficacité certaine, que la politique africaine de la France serait fondée sur l’exploitation et le pillage des ressources africaines. La « Françafrique » y est dénoncée avec une désinformation sans scrupules. Des vidéos suggèrent que les militaires français de Barkhane, loin de combattre les djihadistes, seraient en réalité leurs complices, et que l’objectif véritable des Français serait l’exploitation des richesses minières et la domination néocoloniale.

De manière moins occulte, selon un rapport de l’ONG Free Russia Foundation, l’oligarque Prigojine serait aussi à l’origine du réseau AFRIC (Association for Free Research and International Cooperation) qui organise débats et conférences pour promouvoir la vision russe en Afrique.

Les Russes se présentent enfin comme une alternative efficace aux Français en matière de coopération sécuritaire, même si ce n’est probablement pas leur intention au Sahel, faute de moyens et d’intérêt économique suffisant. Des manifestations anti-françaises parsemées de drapeaux russes ont été organisées à Bamako. Ceci ne peut que faire le jeu des djihadistes qui assaillent les régimes sahéliens, même si ce n’est qu’un effet collatéral pour la Russie.

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Exploiter les richesses locales, tirer profit des trafics : le portail russe en RCA et l’essai au Mozambique

Même si les méthodes et moyens sont évidemment très différents entre un État comme la Russie et des mouvements armés terroristes, on observe néanmoins, là aussi, une certaine convergence. La Russie, dont la présence économique est faible en Afrique (les exportations russes sont quasiment limitées aux armes, dont 42 % pour l’Afrique,) cherche à développer ses entreprises minières, un secteur actif en Russie. Les importantes ressources en minerais, particulièrement l’or et le diamant, attirent la convoitise russe. Ceci est surtout évident en RCA, pays qui cumule l’insécurité d’un État failli et de très importantes ressources en or et diamants, exploitées par des groupes rebelles.

La Russie a profité au départ de sa coopération militaire avec la RCA d’une initiative française. Un navire militaire français avait saisi, en 2016, une cargaison d’armes de contrebande au large de la Somalie et souhaitait en faire bénéficier l’armée centrafricaine. La France a donc demandé au Conseil de sécurité de l’ONU une dérogation à l’embargo concernant la RCA, mais la Russie y a mis son veto. La France suggéra alors (naïvement) au président Touadera de RCA de négocier cette question directement avec les autorités russes. La Russie proposa alors à la RCA, en 2017, de lever l’embargo dans le cadre d’un accord global impliquant une coopération militaire (à partir d’armes gratuitement fournies par la France !) et une présence en RCA d’entreprises minières russes. Ultérieurement, la Russie a procédé à de nouvelles livraisons d’armes, généralement hors contrôle de l’ONU, et reconnaît actuellement, hors mercenaires, 1 135 instructeurs militaires russes.

Le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires a dénoncé la présence en RCA de mercenaires russes travaillant au sein de trois sociétés privées : Wagner, Sew Security Services et Lobaye Invest SARLU. Le 9 juillet 2021, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a accusé une fois de plus ces mercenaires d’avoir commis des exactions en RCA, précisément 207 abus de droits de l'homme entre février et juin 2021.

Ces mercenaires russes assurent notamment la sécurité de sociétés minières exploitant l’or et les diamants en RCA, notamment Lobaye Invest, Meroe Gold, M. Finance et M. Invest. Selon Jeune Afrique de juillet 2021, il existerait un accord de partage des ressources minières entre les sociétés russes, certains groupes armés rebelles et la présidence de RCA. L’initiative en reviendrait à la « déclaration d’entente de Khartoum » signée le 31 août 2018 avec quatre groupes armés, avec l’appui effectif et reconnu de la Russie.

En RCA, où la présence russe est désormais prédominante, la communication russe et anti-française a pris une tournure quasi officielle, avec notamment le journal Feuille volante du président et la radio Lengo Songo, le film Touristes à la gloire des militaires russes contre les rebelles, et même un dessin animé pour les enfants où un ours russe vient aider les animaux sauvages de la brousse.

Si les rebelles de RCA n’appartiennent pas à la mouvance djihadiste, les méthodes et les objectifs de pillage par la Russie via ses mercenaires s’apparentent bien à celles utilisées par les djihadistes au Sahel, en RDC et au Mozambique, à la différence que les autorités de ces derniers pays ne sont pas associées au trafic, sauf éventuellement quelques représentants locaux corrompus, comme des enquêtes suivies d’arrestations d’officiers congolais l’ont d’ailleurs montré en RDC.

Au Sahel (Mali et Burkina Faso), l’exploitation de l’or artisanal compte parmi les ressources des djihadistes dans les zones respectivement contrôlées par Daech ou Al-Qaïda. Mais il semble que ces ressources ne soient pas suffisantes pour intéresser la Russie, dans le contexte local en outre très difficilement maîtrisable. L’accent est en revanche mis sur la désinformation et l’influence, avec la fabrication de nombreuses vidéos anonymes mais d’origine russe attaquant la France sur les réseaux sociaux.

Le régime de transition malien a cherché à négocier à Moscou, en septembre 2021, le remplacement du dispositif d’aide militaire français Barkhane par un engagement sur le terrain de la Russie, comme le souhaiterait une partie de l’opinion publique malienne. Mais Moscou n’a guère donné suite, en dehors de formations d’officiers maliens en Russie, de ventes d’armements (quatre hélicoptères militaires ont été vendus au Mali et livrés début octobre 2021), se limitant à renvoyer sur sa société privée de mercenaires Wagner. Les négociations menées par le Mali pour faire venir un millier de mercenaires russes Wagner, au prix de 9 millions d’euros par mois, selon une dépêche de Reuters, ont été un élément important de la crise franco-malienne de fin septembre 2021. L’Allemagne puis l’Union européenne ainsi que les autres pays sahéliens (Niger et Mauritanie) ont également mis en garde la transition malienne contre les risques induits par l’éventuelle arrivée de Wagner au Mali. Il est probable que le Mali y renoncera pour éviter son isolement diplomatique et financier et le retrait de l’aide militaire française.

Au nord du Nigeria et dans la région du lac Tchad, les 3 000 à 5 000 combattants affiliés à Daech (Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique) exploitent également ressources locales et trafics. La Russie est absente jusqu’à présent de ce théâtre difficilement maîtrisable, mais un accord de coopération militaire nigérian-russe a été annoncé fin août 2021 par l’ambassade du Nigeria à Moscou (communiqué du 25/08/21). L’accord concerne essentiellement la vente d’armes, ainsi que la formation de troupes, sans engagement direct de militaires russes ou de mercenaires dans le combat sur le terrain.

En Somalie, le groupe Al-Shabab, affilié à Al-Qaïda, a récemment augmenté son activité et utilise des drones pour surveiller les activités de forces anti terroristes de l’AMISOM. La Russie n’y est pas impliquée, mais les États-Unis le sont par une aide directe à l’armée somalienne et des instructeurs sur place.

En RDC, le groupe armé ADF (Allied Democratic Forces), issu d’un groupe ougandais (NALU), composé d’islamistes tabligh, est affilié à Daech depuis 2017, sous le nom de « Province de l’Afrique centrale de l’État islamique ». Il exploite les trafics liés aux richesses minières de la province d’Ituri. Selon le dernier rapport de l’ONU du 23 juin 2021, le groupe ADF a aussi récolté 1 à 2 millions de dollars grâce au pillage de banques de la région. La présence russe ne semble pas attestée actuellement et les forces spéciales américaines ont, au contraire, proposé une aide.

Au Mozambique, la province septentrionale de Cabo Delgado, riche d’un très important gisement gazier que le groupe Total souhaitait développer, a été l’objet d’attaques virulentes de la province d’Afrique centrale de l’État islamique qui occupe des villes que les autorités locales s’avèrent incapables de reprendre depuis 2020.

L’émergence locale du mouvement djihadiste Al-Sunnah à partir de 2018 au nord du Mozambique, affilié ultérieurement à Daech, a donné l’occasion à la Russie de se rapprocher de ce pays et d’offrir ses services sécuritaires. Selon le chercheur T. Coloma de l’Ifri, 200 mercenaires du groupe Wagner sont arrivés en septembre 2019 pour épauler l’armée mozambicaine. Mais plusieurs d’entre eux y ont trouvé la mort, l’armée mozambicaine a essuyé un revers militaire et, de surcroît, des tensions seraient apparues entre Russes et officiers mozambicains cherchant à protéger localement leurs trafics.

Selon l’ONU, le bureau Al Karrar, dans le Puntland, en Somalie, coordonnerait les opérations des groupes affiliés à Daech en RDC, au Mozambique et en Somalie.

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Opportunisme

Le point commun entre Daech et une partie des activités de la Russie en Afrique subsaharienne est d’abord l’opportunisme exploitant les failles d’États affaiblis et ne parvenant pas à contrôler leur territoire. Il s’agit alors, pour la Russie, de chercher à tirer parti d’avantages économiques peu transparents et de trafics mafieux en visant principalement les pays riches en ressources minérales, à ce stade principalement la RCA et le Mozambique. Avançant avec une certaine prudence et là où la Russie peut apporter un changement, combinant l’intérêt économique privé d’oligarques russes avec une stratégie géopolitique de l’État russe, Moscou propose une panoplie combinant des ventes d’armes, une coopération militaire officielle et des sociétés privées associant la fourniture de mercenaires et l’exploitation des ressources minières dans un contexte trouble. Il s’y ajoute parfois, comme en RCA et en Guinée, une aide en matière de communication et de propagande électorale par Internet pour les élections présidentielles. La Russie avait par exemple aidé le président Alpha Condé de Guinée pour son 3e mandat.

Le second point commun entre Daech et la Russie est la recherche de la déstabilisation de l’influence et des intérêts occidentaux, dans un affrontement idéologique qui ne peut qu’affaiblir encore certains pays subsahariens menacés, et donc profiter aux djihadistes. Mais l’intérêt russe passe avant celui de ces pays africains qui sont instrumentalisés.

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Nicolas Normand en quelques mots

Ingénieur agronome, diplômé de l’École nationale d’Administration, ancien ambassadeur de France au Mali (2002-2006), au Congo-Brazzaville (2006-2009) et au Sénégal (2010-2013), directeur international de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) jusqu’en 2016, Nicolas Normand est aujourd’hui consultant, conférencier, assesseur à la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) et vice-président de l’association « Les Amis du Mali-Teriya-Sira ». Fin connaisseur du Sahel, il est l’auteur du « Grand Livre de l’Afrique » (Éditions Eyrolles), ouvrage préfacé par Erik Orsenna de l’Académie française et consacré aux transformations de l’Afrique subsaharienne et à son devenir. Il est actuellement ministre plénipotentiaire honoraire et chercheur affilié à l’IRIS.

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Le chef du groupe Etat islamique tué lors d’une opération militaire en Syrie

Plus de deux ans après l’élimination de son prédécesseur, le dirigeant du groupe djihadiste Etat islamique (EI), Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi, a été tué lors d’une opération des forces spéciales américaines, jeudi 3 février avant l’aube, dans le nord-ouest de la Syrie. L’opération héliportée s’est produite à Atmé, une région de la province d’Idlib, et a fait treize morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Tous les soldats américains sont sains et saufs, selon la Maison Blanche.

Dans une allocution solennelle, le président américain a déclaré qu’avec Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, très peu connu du grand public, disparaissait une « menace terroriste majeure ».

Le chef de l’EI s’est suicidé plutôt que de se rendre, a ajouté le président, qui a affirmé avoir privilégié une opération commando pour éviter des victimes civiles. « Dans un ultime geste désespéré de couardise », Qourachi, à la tête de la nébuleuse djihadiste depuis deux ans, « a choisi de se faire exploser (…), emportant plusieurs membres de sa famille avec lui, comme l’avait fait son prédécesseur » Abou Bakr al-Baghdadi, tué dans un raid américain en octobre 2019, a dit Joe Biden.

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L’ONG « Save The Children » fait état « d’au moins » six enfants tués au total, dont deux bébés. L’Unicef annonce aussi que six enfants ont été tués et une fillette sévèrement blessée. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a rapporté le chiffre total de treize morts dans l’opération, civils et combattants confondus, dont quatre femmes et trois enfants. Les Etats-Unis assurent qu’aucun civil n’a été tué en raison d’actions américaines.

Identifié grâce à ses empreintes digitales

Qourachi « s’est tué ainsi que sa famille proche sans combattre, alors même que nous essayions de l’appeler à se rendre », a précisé, de son côté, le général Kenneth McKenzie, chef du Commandement central de l’armée américaine. Le haut gradé a indiqué que le chef djihadiste avait été identifié par ses empreintes digitales et son ADN. Joe Biden a suivi l’opération depuis l’ultra-sécurisée « Situation Room », pendant les deux heures environ qu’elle a duré, dans la nuit de mercredi à jeudi.

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Dans son allocution, le président américain a promis que son pays, malgré le retrait d’Afghanistan en août dernier, restait engagé dans la lutte internationale contre le terrorisme. « Cette opération est la preuve que l’Amérique a les moyens et la capacité d’éliminer des menaces terroristes quel que soit l’endroit du monde où elles se cachent », a-t-il dit. « Nous sommes à vos trousses et nous vous trouverons », a lancé le démocrate de 79 ans, en évoquant les chefs de groupes djihadistes dans le monde.

Joe Biden a rappelé qu’Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi, un Irakien âgé de 45 ans, avait pris la tête de l’EI après la mort, en octobre 2019, d’Abou Bakr Al-Baghdadi, tué dans un raid dans la région d’Idlib contrôlée en grande partie par les djihadistes et les rebelles.

Auparavant, il avait présidé en 2014 au massacre de la minorité kurdophone des Yézidis. En tant que leader de l’EI, il contrôlait le réseau de « franchises » du groupe terroriste de l’Afrique à l’Afghanistan. Plus récemment, il a supervisé l’attaque contre la prison d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier, reprise par les Forces démocratiques syriennes.

Evacuation des maisons alentours

D’après l’OSDH, les militaires ont atterri en hélicoptère près de camps de déplacés de la localité d’Atmé et des affrontements ont ensuite éclaté. Selon des correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) sur place, l’opération a visé un bâtiment de trois étages dans une zone entourée d’arbres. Une partie du bâtiment a été détruite et le parterre des pièces était couvert de sang.

Des habitants ont indiqué avoir entendu le bruit des hélicoptères, puis des « explosions ». Selon l’OSDH, les hélicoptères américains ont décollé d’une base militaire dans la ville syrienne de Kobané à majorité kurde, près de la frontière turque. Des membres des forces spéciales des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et formées par les Etats-Unis, ont participé à l’opération, toujours d’après l’ONG. Joe Biden a salué jeudi leur contribution « essentielle ».

Avant l’annonce américaine, Farhad Shami, le porte-parole des FDS, avait déclaré sur Twitter que l’opération « visait les terroristes internationaux les plus dangereux ». Dans un enregistrement audio attribué aux forces américaines et ayant circulé parmi la population, une personne parlant en arabe demande aux femmes et aux enfants d’évacuer les maisons dans la zone visée.

Lire l’entretien :Article réservé à nos abonnés« Le terrorisme djihadiste n’est pas une menace existentielle, mais une nuisance durable »

500 000 morts depuis 2011

Selon des experts, des camps de déplacés surpeuplés de la région d’Atmé, située dans le nord de la province d’Idlib, servent de base aux chefs djihadistes qui s’y cachent. Une grande partie de la province d’Idlib ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, d’Alep et de Lattaquié sont dominés par Hayat Tahrir Al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Des groupes rebelles et d’autres factions djihadistes comme Houras Al-Din y sont également présents.

Ces factions ont déjà été la cible principalement de raids aériens du régime syrien, de son allié russe, mais aussi de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis et des forces spéciales américaines. Néanmoins, les opérations héliportées restent très rares en Syrie, où des troupes américaines sont déployées dans le cadre de la coalition antidjihadistes.

L’opération de jeudi est intervenue quelques jours après la fin d’un assaut de l’EI contre une prison tenue par les FDS, dans la région de Hassaké (nord-est). Cet assaut fut la plus importante offensive du groupe djihadiste depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019 face aux FDS aidées par la coalition internationale. L’attaque de la prison et les combats ayant suivi, ont fait 373 morts – 268 djihadistes, 98 membres des forces kurdes et sept civils selon l’OSDH.

L’EI, rival d’Al-Qaïda, a été chassé de ses fiefs en Syrie et en Irak mais continue de mener des attaques dans ces deux pays voisins à travers des cellules dormantes. La guerre complexe en Syrie, pays morcelé où interviennent différents protagonistes, a fait environ 500 000 morts depuis 2011.

Lire aussi :Article réservé à nos abonnésLe « califat » de l’Etat islamique se perpétue dans les camps du Nord-Est syrien

Le Monde avec AFP et Reuters

Russland und das Anwachsen des Islamistischen Terrorismus in Afrika südlich der Sahara
[Arbeitspapier]

Abstract

Russia and China challenge the liberal order and rule of law on a global and regional level. The Canon error code u071 administration has facilitated the support of the move away from the liberal international x error badmatch invalid parameter attributes and the "Westphalian" system of states that America had defended for centuries. Extremism is thrivin. mehr

Russia and China challenge the liberal order and rule of law on a global and regional level. The Trump administration has facilitated the support of the move away from the liberal international order and the "Westphalian" system of states that America had defended for centuries. Extremism is thriving around the world, including in sub-Saharan Africa, fuelled by the aftermath of colonialism, terrorisme islamique russie, poverty and Islamist ideologies. Regions with limited statehood became failed states where violent conflicts threatened regional security and stability. Russia benefited from the resulting power vacuum. Moscow focused on countries that were formerly French and Portuguese colonies, which Moscow believed are easier to infiltrate. Under these conditions, Putin is free to exploit the political and social contradictions in Africa and destabilize the Western order, even at the risk of the rise of Islamic terrorism. Terrorist criminal pipelines and corrupt states have been exploited by Russian arms dealers across Africa for decades. These included notorious support for the Taylor regime in Liberia in the early 2000s, including the infamous Russian arms dealer Viktor Bout, dubbed the 'merchant of death'. The cooperation was based on state control of ports of entry and exit for criminal organizations to safeguard profit-sharing, diplomatic passports, including associated immunity, and the rule of law, which ensured the smooth marketing of these companies. Today, Russia benefits primarily from providing "security" to autocratic leaders, including arms sales, advice and training in counterinsurgency and counterterrorism operations against Islamic terrorism in exchange for access to African resources and markets, terrorisme islamique russie. Aside from Al-Quida, the Islamic State (ISIS), Boko Haram other local Islamic organizations are fuelling terrorism in SSA. Moscow is particularly interested in the Horn of Africa to control important trade routes of global importance. weniger


La Russie et la Chine défient l'ordre libéral et l'État de droit au niveau mondial et régional. L'administration Trump a facilité le soutien à l'abandon de l'ordre international libéral et du système d'États "westphalien" que l'Amérique avait défendu pendant des siècles. L'extrémisme prospère dans l. terrorisme islamique russie Russie et la Chine défient l'ordre libéral et l'État de droit au niveau mondial et régional. L'administration Trump a facilité le soutien à l'abandon de l'ordre international libéral terrorisme islamique russie du système d'États "westphalien" que l'Amérique avait défendu pendant des siècles. L'extrémisme prospère dans le monde entier, y compris en Afrique subsaharienne, alimenté par les séquelles du colonialisme, de la pauvreté et des idéologies islamistes. Les régions terrorisme islamique russie statut d'État limité sont devenues des États défaillants où des conflits violents ont menacé la sécurité et la stabilité régionales. La Russie a profité du vide de pouvoir qui en a résulté. Moscou s'est concentré sur les pays qui étaient autrefois des colonies françaises et portugaises, que Moscou croyait plus faciles à infiltrer. Dans ces conditions, terrorisme islamique russie, Poutine est libre d'exploiter les contradictions politiques et sociales en Afrique terrorisme islamique russie de déstabiliser l'ordre occidental, même au risque de la montée du terrorisme islamique. Les pipelines criminels terroristes et les États corrompus sont exploités par les marchands d'armes russes à travers terrorisme islamique russie depuis des décennies. Ceux-ci comprenaient un soutien notoire au régime de Taylor au Liberia au début des années 2000, y compris le tristement célèbre marchand d'armes russe Viktor Bout, surnommé le « marchand de la mort ». La coopération reposait sur le contrôle par l'État des ports d'entrée et de sortie des organisations criminelles afin de préserver la participation aux bénéfices, les passeports diplomatiques, terrorisme islamique russie, y compris l'immunité associée, et l'état de droit, qui garantissait la bonne commercialisation de ces entreprises. Aujourd'hui, la Russie bénéficie principalement de la "sécurité" offerte aux blackberry app error 523 reset autocratiques, notamment par la vente d'armes, des conseils et une formation aux opérations de contre-insurrection et de contre-terrorisme contre le terrorisme islamique en échange de l'accès aux ressources et aux marchés africains. Outre Al-Quida, terrorisme islamique russie, l'État fatal error code 2 (ISIS), Boko Haram, d'autres organisations islamiques locales alimentent le terrorisme en ASS. Moscou s'intéresse particulièrement à la Corne de l'Afrique pour contrôler d'importantes routes commerciales d'importance mondiale. weniger

Thesaurusschlagwörter
Afrika südlich der Sahara; Terrorismus; Radikalismus; Islamismus; Eritrea; Nigeria; Mali; Ghana; Elfenbeinküste; Burkina Faso; Mosambik; Somalia; Kenia; Südsudan; Postkolonialismus; Failed State; Russland; politischer Einfluss; Interessenpolitik; Waffe; Handel

Klassifikation
Friedens- und Konfliktforschung, Sicherheitspolitik

Freie Schlagwörter
ressources africaines; État fragile; pauvreté; extrémisme; terrorisme islamiste; Boko Haram; EI; industrie de l'armement; Corne de l'Afrique; Souveraineté westphalienne; fake news; Françafrique; Vladimir Poutine

Sprache Dokument
Französisch

Publikationsjahr
2022

Seitenangabe
16 S.

Status
Preprint; nicht begutachtet

Lizenz
Creative Commons - Namensnennung, Nicht-kommerz., Weitergabe unter gleichen Bedingungen 4.0

Le chef du groupe Etat islamique tué lors d’une opération militaire en Syrie

Plus de deux ans après l’élimination de sip 500 internal server error avaya prédécesseur, le dirigeant du groupe djihadiste Etat islamique (EI), Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi, a été tué lors d’une opération des forces spéciales américaines, jeudi 3 février avant l’aube, dans le pg real estate server error de la Syrie. L’opération héliportée s’est produite à Atmé, une région de la province d’Idlib, et a fait treize morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Tous les soldats américains sont sains et saufs, selon la Maison Blanche.

Dans une allocution solennelle, le président terrorisme islamique russie a déclaré qu’avec Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, très peu connu du grand public, disparaissait une « menace terroriste majeure ».

Le chef de l’EI s’est suicidé plutôt que de se rendre, a ajouté le président, terrorisme islamique russie, qui a affirmé avoir privilégié une opération commando pour éviter des victimes civiles. « Dans un ultime geste désespéré de couardise », Qourachi, à la tête de la 4th master hdd error djihadiste depuis deux ans, « a choisi de se faire exploser (…), emportant plusieurs membres de sa famille avec lui, comme l’avait fait son prédécesseur » Abou Bakr al-Baghdadi, tué dans un raid américain en octobre 2019, a dit Joe Biden.

Lire aussi Article réservé à nos abonnésAbou Bakr Al-Baghdadi, rattrapé par tous ses ennemis

L’ONG « Save The Children » fait état « d’au moins » six enfants tués au total, dont deux bébés. L’Unicef annonce aussi que six enfants ont été tués et une fillette sévèrement blessée. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a rapporté le chiffre total de treize morts dans l’opération, civils et combattants confondus, dont quatre femmes et trois enfants. Les Etats-Unis assurent qu’aucun civil n’a été tué en raison d’actions américaines.

Identifié grâce à ses empreintes digitales

Qourachi « s’est tué ainsi que sa famille proche sans combattre, alors même que nous essayions de l’appeler à se rendre », a précisé, de son côté, le général Kenneth McKenzie, chef du Commandement central de cups client-error-forbidden windows américaine, terrorisme islamique russie. Le haut gradé a indiqué que le chef djihadiste avait été identifié par ses empreintes digitales et son ADN. Joe Biden a suivi l’opération depuis l’ultra-sécurisée « Situation Room », pendant les deux heures environ qu’elle a duré, terrorisme islamique russie, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Lire aussi Article réservé à nos abonnésMort du chef de l’organisation Etat islamique : une opération étudiée « de longue date » par les Etats-Unis contre un leader resté pri master hdd error son allocution, le président américain a promis que son pays, malgré le retrait d’Afghanistan en août dernier, restait engagé dans la lutte internationale contre le terrorisme. « Cette opération est la preuve que l’Amérique a les moyens et la capacité d’éliminer des menaces terroristes quel que soit l’endroit du monde où elles se cachent », a-t-il dit. « Nous sommes à vos trousses et nous vous trouverons », a lancé le démocrate de 79 ans, en évoquant les chefs de groupes djihadistes dans le monde.

Joe Biden a rappelé qu’Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi, un Irakien âgé de 45 ans, terrorisme islamique russie, avait pris la tête de l’EI après la mort, en octobre 2019, d’Abou Bakr Al-Baghdadi, tué dans un raid dans la région d’Idlib contrôlée en grande partie par les djihadistes et les rebelles.

Auparavant, il avait présidé en 2014 au massacre de la minorité kurdophone des Yézidis, terrorisme islamique russie. En tant que leader de l’EI, il contrôlait le réseau de « franchises » du groupe terroriste de l’Afrique à l’Afghanistan. Plus récemment, il a supervisé l’attaque contre la prison d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier, reprise par les Forces démocratiques syriennes.

Evacuation des maisons alentours

D’après l’OSDH, les militaires ont atterri en hélicoptère près de camps de déplacés de la localité d’Atmé et des affrontements ont ensuite éclaté. Selon des correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) sur place, l’opération a visé un bâtiment de trois étages dans une zone entourée d’arbres. Une partie du bâtiment a été détruite et le parterre des pièces était couvert de sang.

Des habitants ont indiqué avoir entendu le bruit des hélicoptères, puis des « explosions ». Selon l’OSDH, terrorisme islamique russie, les hélicoptères américains ont décollé d’une base militaire dans la ville syrienne de Kobané à majorité kurde, près de la frontière turque. Des membres des forces spéciales des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et formées par les Etats-Unis, ont participé à l’opération, terrorisme islamique russie, toujours d’après l’ONG. Joe Biden a salué jeudi leur contribution « essentielle ».

Avant l’annonce américaine, Farhad Shami, le porte-parole des FDS, avait déclaré sur Twitter que l’opération « visait les terroristes internationaux les plus dangereux ». Dans un enregistrement audio attribué aux forces américaines et ayant circulé parmi la population, une personne parlant en arabe demande aux femmes et aux enfants d’évacuer les maisons dans la zone visée.

Lire l’entretien :Article réservé à nos abonnés« Le terrorisme djihadiste n’est pas une menace existentielle, mais une nuisance durable »

500 000 morts depuis 2011

Selon des experts, des camps de déplacés surpeuplés de la terrorisme islamique russie d’Atmé, située dans le nord de la province d’Idlib, servent de base aux chefs djihadistes qui s’y cachent. Une grande partie de la province d’Idlib ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, d’Alep et de Lattaquié sont dominés par Hayat Tahrir Al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Des groupes rebelles et d’autres factions djihadistes comme Houras Al-Din y sont également présents.

Ces factions ont déjà été la cible principalement de raids aériens du régime syrien, de son allié russe, mais aussi de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis et des forces spéciales américaines. Néanmoins, les opérations héliportées restent très rares en Syrie, où des troupes américaines sont déployées dans le cadre de la coalition antidjihadistes.

L’opération de jeudi est intervenue quelques jours après la fin d’un assaut de l’EI contre une prison tenue par les FDS, dans la région de Hassaké (nord-est). Cet assaut fut la plus importante offensive du groupe djihadiste error relative branch out of reach sa défaite territoriale en Syrie en 2019 face aux FDS aidées par la coalition internationale. L’attaque de la prison et les combats ayant suivi, ont fait 373 morts – 268 djihadistes, 98 membres des forces kurdes terrorisme islamique russie sept civils selon l’OSDH.

L’EI, terrorisme islamique russie, rival d’Al-Qaïda, a été chassé de ses fiefs en Syrie et en Irak mais continue de mener des attaques dans ces deux pays voisins à travers des cellules dormantes. La guerre complexe en Syrie, pays morcelé où interviennent différents protagonistes, terrorisme islamique russie, a fait environ 500 000 morts depuis 2011.

Lire aussi :Article réservé à nos abonnésLe « califat » de l’Etat islamique se perpétue dans les camps du Nord-Est syrien

Le Monde avec AFP et Reuters

Les Etats-Unis et la guerre contre le terrorisme

Les Etats-Unis et « la guerre contre le terrorisme » au Moyen-Orient

Après les attentats qui ont frappé les Etats-Unis le 11 Septembre 2001, le président G.W Bush vba error next élu passa d’une politique étrangère apparemment prévue pour être la moins interventionniste possible, à une politique étrangère essentiellement basée sur la « guerre contre le terrorisme ».

Cette nouvelle définition des relations extérieures américaines a permis aux néo-conservateurs de passer de la théorie à la pratique, grâce à la confiance du président américain. C’est dans cette optique que l’actualité au Moyen-Orient est directement influencée et que le projet du « Grand Moyen-Orient » a été créé.

Mais en quoi consiste concrètement cette « guerre contre le terrorisme » ?

Dans une première partie nous verrons sa définition et sa mise en pratique, puis dans une deuxième partie nous aborderons ses limites.

I. Le concept et les aboutissants de la « guerre contre le terrorisme »

Le concept de guerre contre le terrorisme a marqué définitivement error 1001 installutillib.dll fin de la vision des relations internationales établie durant la Guerre froide. La « guerre contre le terrorisme » s’oppose de deux manières aux théories prédominantes durant 40 ans dans le monde.

Tout terrorisme islamique russie, la « Guerre Froide » a concerné deux puissances dans une lutte de domination stratégique du Monde, et les autres Etats devaient adopter une position neutre ou choisir l’un des camps. Les deux puissances se sont affrontées de manière indirecte, à armes égales, par des luttes d’influences à travers l’utilisation de certains Etats aboutissant parfois à des affrontements. Mais la lutte s’est toujours effectuée d’Etat à Etat, terrorisme islamique russie, dans un cadre déterminé et précis commun aux deux puissances. Les concepts étaient partagés par les deux camps et en vigueur des deux côtés.

Or, la « guerre contre le terrorisme » décrété par l’administration américaine, n’a pas pour but de viser un Etat précis, mais prétend lutter contre un phénomène inter-étatique flou et difficile à identifier. L’ennemi ne joue en aucun cas au même niveau que ses adversaires et utilise des moyens non conventionnels, terrorisme islamique russie. Pour pallier à cette difficulté, terrorisme islamique russie, le Président G.W Bush annonça dans son discours du 21 Septembre 2001 devant le Congrès : « Qui n’est pas avec nous est contre nous »(1). Cette courte citation signifia que contrairement à tout principe de consultation, les Etats-Unis exigeaient de tous les Etats qu’ils choisissent un camp :

  • soit celui de soutenir la politique américaine dans sa lutte contre le terrorisme de manière ouverte et claire ;

  • soit celui dans l’autre cas d’être considéré comme des soutiens du terrorisme.

A l’instar de la période de la « Guerre Froide », les Etats-Unis adoptèrent une vision binaire des relations internationales, mais là où dans le passé les théoriciens utilisaient des justificatifs stratégiques et idéologiques, aujourd’hui des concepts appréciatifs tels « le bien et le mal » ont remplacés ceux-ci, basés sur un vocabulaire directement inspiré de la religion et couramment utilisés. Ainsi les relations internationales furent entièrement redéfinies et les Etats soutenant les Etats-Unis en leur fournissant des informations furent réhabilités au rang de partenaires malgré steam error 55 f1 2012 passé (ex : Russie ou Chine), tandis que les pays soupçonnés d’abriter des terroristes furent désignés comme des cibles au même titre que les terroristes.

La guerre contre l’Afghanistan des Talibans en 2001 fut la conséquence directe terrorisme islamique russie cette redéfinition de la politique américaine.

La « guerre contre le terrorisme » de l’administration Bush s’oppose aussi aux théories des relations internationales en vigueur dans les terrorisme islamique russie de « Guerre froide » et même encore dans les terrorisme islamique russie 90, du fait qu’elle met fin à la « Real Politik » de Kissinger. En effet les Etats-unis s’astreignaient jusqu’à présent à défendre leurs intérêts stratégiques au Moyen-Orient de manière pragmatique, terrorisme islamique russie, soutenant à tout prix les régimes qui leur étaient favorables (même dans le cas de dictature sanguinaire) et affaiblissant les puissances émergentes dans la région. Devant les limites de cette politique dans certains Etats incapables d’empêcher l’émergence des terroristes en leur sein, à l’instar de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte, les néo-conservateurs proposèrent une autre manière de défendre leurs intérêts dans la région.

La « guerre contre le terrorisme » doit selon eux éradiquer le terrorisme de manière profonde en agissant directement sur l’organisation structurelle du Moyen-orient. Le but premier est toujours de défendre à tout prix les intérêts américains dans la région, mais l’approche est totalement différente, terrorisme islamique russie. En 2002, apparaît officiellement la stratégie de guerre préemptive qui rassemble les deux ennemis des Etats-Unis que sont le terrorisme et les Etats ayant en leur possession des armes de destruction massive, terrorisme islamique russie, pour éviter à tout prix la jonction de la technologie et de l’intégrisme.

Les Etats-Unis veulent insuffler terrorisme islamique russie cette zone une nouvelle dynamique à travers la « guerre contre le terrorisme ». La volonté n’est plus de préserver le statu quo dans la région mais de transformer en profondeur le système. Ainsi, l’attaque de l’Irak en 2003 par les Américains et le renversement du régime de Saddam Hussein se révélèrent être une conséquence notamment de la volonté de redistribution des cartes dans le Moyen-Orient. D’autres éléments motivèrent cette action, mais la vision néo-conservatrice prévoyait avant tout que l’instauration d’une démocratie en Irak influerait sur toute la région.

Bien plus grave encore cette guerre en Irak au nom de la lutte contre le terrorisme redéfinit la position américaine vis-à-vis de la communauté internationale, terrorisme islamique russie. Ainsi les Etats-Unis, terrorisme islamique russie, au nom de la « guerre contre le terrorisme », ne s’arrêtèrent pas aux protestations internationales et à l’encontre de l’ONU décidèrent d’attaquer de manière unilatérale, terrorisme islamique russie. Ce fut un choc pour la communauté internationale qui avaient à maintes reprises adopté des résolutions dans la dynamique de la lutte contre le terrorisme, mais qui à ce moment là, en 2003, se vit largement affaiblie par la décision américaine, contraire à la politique multilatérale des années 90.

Dans une autre mesure pour les Etats-Unis, l’intervention en Irak se révélait également vitale afin de repositionner ses troupes militaires dans le Moyen-orient. Or les attentats du 11 Septembre 2001 et la « guerre contre le terrorisme » lui offrirent la justification nécessaire(2).

L’Amérique grâce à la définition floue de son ennemi annonça en février 2004, son projet du « Grand Moyen-Orient », visant à démocratiser et développer cette région. Mais cette politique d’intervention et de pressions directes dans les pays faisait partie des mesures imposées et justifiées par cette guerre contre le terrorisme.

II. Les limites de la « guerre contre le terrorisme »

Comme expliqué précédemment, la « guerre contre le terrorisme » est un terme vaste et l’ennemi ne correspond pas aux ennemis classiques. Le terme de « guerre » a donc été de nombreuses fois contesté étant utilisé dans un cadre inédit. Le Droit International Humanitaire accepte deux types de guerre :

  • Un conflit armé international d’Etat à Etat ayant des frontières définies.

  • Un conflit armé non international opposant des groupes armés internes.

Or la « guerre contre le terrorisme », se définit par des actions policières, politiques et militaires contre un ennemi non conventionnel, laissant place à une libre interprétation de ces ennemis. Les Etats-Unis ont organisé cette lutte directe et indirecte à travers un interventionnisme actif. Cependant cette guerre semble être vouée à l’échec car la puissance des forces armées américaines rend toute tentative d’affrontement direct impossible et les modes d’intervention asymétriques sont la seule stratégie disponible pour les Etats et organisations qui veulent affronter les Etats-Unis.

Cette « guerre » déclarée au terrorisme ne fera qu’accroître l’envie revancharde de certains groupes victimes et étendra ce moyen d’action à des acteurs jusque là préservés. P2015 error codes en effet au moment où les Etats-Unis ont atteint le sommet de leur puissance qu’ils ont été frappés dans leur intégrité (3).

Certains néo-conservateurs vont même jusqu’à remplacer le terme de « guerre contre le terrorisme » terrorisme islamique russie le terme de « quatrième Guerre mondiale » contre l’islam militant (4). Toujours selon ces mêmes penseurs, elle serait vouée à durer plus longtemps que la Première et Deuxième Guerre mondiale. C’est donc ainsi que les Etats-Unis pensent pouvoir couvrir toutes leurs actions dans l’avenir, terrorisme islamique russie, dans la région tout particulièrement, sans avoir conscience des conséquences. La crainte de la communauté internationale tout comme de certains Américains, est que l’administration Bush sous couvert de la lutte contre le terrorisme mette finalement en application des choix bien antérieurs. Certains terrorisme islamique russie américains comme Michael Howard s’interrogent sur la définition de « guerre contre le terrorisme » qui pourrait s’apparenter davantage à une opération de police étendue (5).

Une des limites les plus visibles de « la guerre contre le terrorisme » est très certainement le cas de l’Irak, terrorisme islamique russie. En effet, ce pays attaqué sous prétexte d’entretenir des liens avec Al Qaeda et de détenir des armes de destruction php _files error 3 est en réalité le pire échec de cette nouvelle politique américaine. Trois ans après la guerre les preuves de détention d’armes de destruction massive et de lien avec les islamistes sont absents. Pire encore l’Irak qui avait été préservée de l’implantation de groupes islamistes trans-étatiques de type mafieux est aujourd’hui le terrain mondial de prédilection des actes de violences terroristes. Le pays est la proie de groupes islamistes aux intérêts divergents qui viennent tirer profit de la situation chaotique de lutte pour le pouvoir stigmatisé faute d’absence de société civile par une lutte communautaire. L’Irak à l’heure actuelle est devenue, alors qu’elle en était préservée sous Saddam Hussein, un nouveau pays incontournable dans le trafic de la drogue. De plus les Américains semblent être pris au piège dans un pays qui voit sa situation se détériorer de jour en jour, ternissant gravement leur image et par là-même les idées qu’ils veulent promouvoir. Les Etats-Unis en attaquant l’Irak ont été perçus par les populations arabes comme des envahisseurs dangereux voulant mettre la main sur les réserves naturelles irakiennes. Loin d’avoir apaisé la situation, l’Irak a ouvert un nouveau front de cristallisation des opinions arabes au Moyen-Orient. La théorie du complot américano-sionniste est de plus en plus présente terrorisme islamique russie empire au fur et à mesure que la situation en Irak, mais aussi en Palestine se détériore.

La « Guerre contre le terrorisme » de par la largeur de son concept a laissé le champ libre à des pratiques illégales. Le traitement des prisonniers de Guantanamo est révélateur de cette nouvelle donne. En effet, la Convention de Genève prévoit une définition précise du statut de prisonnier de guerre(6).

Article 4

Sont prisonniers de guerre, au sens de la présente Convention, les personnes qui, appartenant à l’une des catégories suivantes, sont tombées au pouvoir de l’ennemi :

  • 1) les membres des forces armées d’une Partie au conflit, de même que les membres des milices et des corps de volontaires faisant partie de ces forces armées ;

  • 2) les membres des autres milices et les membres des autres corps de volontaires, y compris ceux des mouvements de résistance organisés, appartenant à une Partie au conflit et agissant en dehors ou à l’intérieur de leur propre territoire (.)

  • 3) les membres des forces armées régulières qui se réclament d’un syntax error at or near $1 ou d’une autorité non reconnus par la Puissance détentrice;

  • 4) les personnes qui suivent les forces armées sans en faire directement partie (.) ;

  • 5) les membres des équipages, y compris les commandants, pilotes et apprentis, terrorisme islamique russie, de la marine marchande et terrorisme islamique russie équipages de l’aviation civile des Parties au conflit qui ne bénéficient pas d’un traitement plus favorable en vertu d’autres dispositions du droit international ;

  • 6) la population d’un territoire non terrorisme islamique russie qui, à l’approche de l’ennemi, prend spontanément les armes pour combattre les troupes d’invasion sans avoir eu le temps de se constituer en forces armées régulières.

Or une grande partie des prisonniers de Guantanamo a été arrêtée en Afghanistan donc sur le 3d max application error des opérations, mais les Etats-Unis refusent de leur attribuer le statut de prisonniers de guerre violant le droit international. Ils ont choisi de les définir comme des « combattants illégaux » utilisant un statut inconnu du droit international. De plus, les autorités américaines ont fait un choix volontaire d’implanter la prison de Guantanamo en dehors du territoire national se protégeant ainsi des lois américaines qui auraient pu être revendiquées par les prisonniers. De nombreux cas de tortures ont été dénoncés et l’interdiction pour les organisations humanitaires d’y accéder ne fait que rendre la situation ambiguë, terrorisme islamique russie. De plus, aux Etats-Unis, un tribunal fédéral américain a contesté ce procédé et la Cour Suprême a été saisie. Pour finir, le statut de « combattants illégaux » qui était attribué dans un premier temps aux prisonniers d’Afghanistan est aujourd’hui attribué par le Secrétariat de la Défense aux personnes qui sont certifiées appartenir à un mouvement terroriste international ou en être complice, ce qui a laissé place à l’arrestation de personnes en dehors de l’Afghanistan dès lors qu’elles étaient accusées.

Mais il n’y a pas que Guantanamo, terrorisme islamique russie, ainsi un scandale a éclaté en 2005 avec des personnes qui ont accusé les autorités américaines de les avoir enlevées au Canada mais aussi en Allemagne pour les déporter dans des prisons à l’étranger. Le gouvernement américain a fini par reconnaître ces faits et il s’est avéré que les prisons en question étaient soit dans les ex-pays de l’Est, soit au Moyen-Orient (en Egypte et en Syrie). Cette affaire a attisé une polémique entre l’Europe et les Etats-Unis autour de la question de la violation la plus totale des droits de l’Homme et des limites de la « guerre contre le terrorisme ».

Cependant aujourd’hui ce que l’on appelle « guerre contre le terrorisme » porte en son sein sa propre destruction, terrorisme islamique russie. Une lutte basée sur un concept vague et unilatéral ne peut que dégrader la situation et faire de l’idée de démocratisation du Monde arabe, un projet perçu par la population comme un concept prosélyte et colonialiste, terrorisme islamique russie. Les Etats-Unis avec cette guerre déclarée et surtout non limitée sont en train d’alimenter la colère ainsi que les revendications des peuples arabes et surtout arabes musulmans, qui se sentent agressés sans raison car les terroristes ne représentent qu’une minorité éclatée. Les islamistes du Monde arabe ont d’ailleurs très bien compris cette logique et leur avancée est symptomatique dans les pays où des élections libres ont eu lieu.

La question qui se pose actuellement à l’aube peut-être d’un tournant dans la stratégie américaine avec l’arrivée d’une majorité démocrate, est de savoir de quelle manière saura-t-on que la « guerre contre le terrorisme » a pris fin ?

Notes :

(1) « Washington et le Monde », P.Hassner et J.Vaïsse, p 111, CERI, autrement, 2003.

(2) « La politique américaine au Moyen-Orient », Barah Mikaïl, p234, Dalloz, 2006.

(3) « Vers la 4ème Guerre Mondiale ? », P.Boniface, p 92, Armand Collin, 2005.

(4) Idem, p 99.

(5) « Washington et le Monde », P.Hassner et J.Vaïsse, p 117, terrorisme islamique russie, CERI, autrement, 2003.

(6) www.unhchr.ch site du Haut Commissariat aux droits de l’Homme

La France a commencé à retirer ses troupes du nord du Mali dans le cadre de la réorganisation de ses forces anti-insurrectionnelles, déployées dans la région du Sahel au titre de l'opération Barkhane. Les bases de l'armée française à Kidal, terrorisme islamique russie, à Tessalit et à Tombouctou seront fermées d'ici la fin de l'année et remises à l'armée malienne, mais le soutien aérien sera maintenu, terrorisme islamique russie. Le contingent actuel sera toutefois réduit, passant de 5,100 soldats français à environ terrorisme islamique russie. Adejuwon Soyinka a demandé à Mady Ibrahim Kanté d'expliquer l'importance des ces changements.

Qu'est-ce qui a changé depuis la première intervention de la France en 2013 ?

La France est intervenue au Mali en 2013, « suite à la demande » du gouvernement de transition du président Dioncounda Traoré de l’aider à combattre le terrorisme. Le président français alors en exercice, François Hollande, avait déclaré que l'objectif de l'intervention était de « lutter contre le terrorisme ».

L'intention déclarée était de déployer des troupes françaises au Mali aux côtés de l'armée malienne pour empêcher les forces islamistes d'aller vers le sud. On pourrait, cependant, faire valoir que l'objectif stratégique de l'intervention était d’assurer la protection de la sécurité et des intérêts économiques français dans la région du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest.

Au départ, l’intérieur du Mali était le centre d’intérêt, terrorisme islamique russie la réalité a montré que le terrorisme est un phénomène transfrontalier. En fait, le but de l’intervention de la France était de parvenir à inverser l'effet domino qui lui permettrait de faire face aux terrorisme islamique russie terroristes de la région et de s'imposer à nouveau au Sahel.

Mais il y a terrorisme islamique russie de résultats manifestes ou effectifs sur le terrain après huit ans de guerre au Mali. En outre, l'opinion publique a commencé à voir les choses autrement au fur et à mesure que les Maliens et l'autorité de transition du pays ont vu la situation sécuritaire du pays se dégrader de jour en jour.

Alors que l'intervention française était censée aider le Mali dans sa lutte contre le terrorisme, la crise dans la région s'est transformée en conflit ethnique interne. Dans la région de Mopti, des conflits opposent les Peuls aux Dogons et les Bambaras aux Peuls. À Tombouctou et à Gao, il y a des conflits entre les Touaregs et les Arabes, d'une part, et entre les Touaregs et les Songhaïs, d'autre part.

Selon un récent rapport de la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les forces françaises sont confrontées à de nombreux défis en matière de protection des civils. La France est, par ailleurs, accusée par de nombreux Maliens, de protéger et de soutenir des groupes armés séparatistes à Kidal, une des régions désertiques du nord.

Il est donc clair qu’elle a perdu le soutien du gouvernement malien, terrorisme islamique russie, qui a accusé Paris de former les terroristes responsables de l'instigation et de l'exacerbation de l'ethnicisme dans le pays.

En outre, devant le mécontentement exprimé par la population face à la présence des forces françaises au Mali, la France n'a eu d'autre choix que de réduire ses effectifs militaires.

La France laisse-t-elle le Mali en meilleur état ?

Il faut d’abord savoir que le Mali a des liens historiques forts avec la France puisqu'il s'agit d'une ancienne colonie française. Dans l’ensemble de la région du Sahel, la France reste la première puissance occidentale. Mais la plupart des Maliens ont commencé à douter de la sincérité de cette dernière, et cette méfiance n'a eu de cesse de etherlike statistik fcs error multicast du terrain.

L'autre fait nouveau est l'intérêt grandissant de la Russie pour la région. Si toutes les troupes françaises devaient s’en aller demain, les forces russes – sous l'égide du groupe Wagner – seraient prêtes freebsd syntax error unexpected combler le vide, la Russie ayant la capacité de le faire.

La Russie en a la capacité et a démontré récemment en République centrafricaine sa capacité de faire face à l'une des plus graves menaces de ce pays. De plus, l'opinion publique malienne est favorable à l'arrivée des Russes.

Quel avenir pour le Mali ?

Abandonnée par ses anciens alliés, l'armée malienne est désormais sur le terrain sans drones militaires français ni soutien logistique américain.

À cela s'ajoute la situation politique précaire du pays, avec un changement de gouvernement à la suite du coup d'État en terrorisme islamique russie mai. Un mois plus tard, le 20 juillet, le nouveau président du gouvernement de transition, le colonel Unix disk space error Goïta, était la cible d'une tentative d'assassinat à la Grande Mosquée de Bamako.

Deux scénarios sont alors possibles :

Le premier serait que le Mali signe un nouvel accord de coopération avec puissances mondiales, comme par exemple la Russie et son groupe Wagner. Aux yeux de certains Maliens et du gouvernement, ce sont les mieux placés pour gérer la situation. Quant au second scénario, il consistera à entreprendre des négociations avec les djihadistes, une démarche purement et simplement rejetée par la France.

Je pense, toutefois, que le gouvernement malien privilégiera les négociations avec les deux terroristes maliens Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, avec lesquels ils pourraient alors mener une bataille commune contre l'État islamique et les groupes terroristes non maliens dans le pays.

Mais, la France n'a pas quitté la région et par extension le Mali. Elle maintiendra sa présence par le biais de l'Alliance pour le Sahel, qui a été lancée en 2017 par la France, l'Allemagne et l'Union européenne. Elle travaille en étroite collaboration avec le G5 Sahel mis en place par le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger dans le cadre d'actions conjointes pour lutter contre le crime organisé et le terrorisme.

La stabilité n'est cependant pas pour demain. Un récent rapport sur la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) fait état de sérieux défis à relever pour ce pays et indique :

Dans une situation de plus en plus difficile sur le plan de la sécurité, des moyens aériens additionnels sont de toute urgence nécessaires pour permettre à la Mission de continuer à assurer la bonne mise en œuvre de son mandat.

This article was originally published in English

Un convoi des Forces armées maliennes escorté par des mercenaires russes a été pris à partie par des insurgés islamistes dans le centre du pays.

Les signaux de la terrorisme islamique russie de Wagner au Mali se multiplient. Lundi, des hommes de cette société de sécurité privée russe auraient connu un premier accrochage sérieux avec des insurgés islamistes. Selon France 24, un convoi des Forces armées maliennes (FAMa), accompagné par des mercenaires, terrorisme islamique russie, a été pris à partie entre Bandiagara et Bankass, deux villes situées au sud de Mopti, terrorisme islamique russie le centre du pays.

L’un des véhicules blindés aurait sauté sur un engin explosif improvisé (IED) avant qu’un violent échange de coups de feu éclate ; une stratégie d’embuscade classique des djihadistes. Le bilan est incertain. Un membre de Wagner aurait été blessé et transporté à l’hôpital de Sévaré. La katiba Macina est active dans cette région. Dirigée par Amadoun Koufa, un prêcheur peul, elle fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à al-Qaida. Des témoins assurent avoir vu ces derniers jours des unités des FAMa accompagnées d’hommes blancs en uniforme se déployer depuis Bamako vers…

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Mali : Wagner, une alternative \

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